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L'HISTOIRE DU DEUX-ROUES ÉLECTRIQUE

Dernière mise à jour : 1 avr. 2023


Mike Corbin et sa "corbin electric" en 1975

Source : New Atlas



On pourrait penser que l’histoire de la moto électrique remonte à seulement un peu plus d’une décennie, mais en réalité, elle est bien moins récente que cela puisqu’elle débute, comme pour les motos thermiques, au 19ᵉ siècle.


Cet article retrace l’histoire passionnante du deux-roues électrique entre le 19ᵉ et le 20ᵉ siècle.



La première moto : le vélocipède à vapeur de PERREAUX


Pour aborder l'histoire du deux-roues électrique, il convient d'évoquer l'origine même du deux-roues motorisé avec le vélocipède à vapeur de Perreaux. Il a été conçu, fabriqué et breveté entre 1868 et 1871, par Louis-Guillaume Perreaux, un inventeur français. Il s'agissait à l'époque d'un véhicule à deux roues propulsé par un moteur monocylindre à vapeur.


Au début, en 1868, il avait simplement imaginé optimiser le rendement d’un vélo en récupérant de l’énergie, via un système à volant d’inertie, pour la restituer lors des phases demandant plus d’effort. Ce fonctionnement n’est pas sans rappeler celui du vélo à assistance électrique que nous connaissons aujourd’hui.

Il a même songé au moteur électrique (dépôt d’un brevet en 1870) mais abandonné finalement au profit du moteur à vapeur.


Ce véhicule, considéré aujourd’hui comme la première moto car réunissant toutes les preuves brevetées, ne pesait que 61 kg et pouvait atteindre les 35km/h.


Première moto au monde
Le vélocipède "à grande vitesse" de Perreaux

Source : Guy Rolland d’après un travail personnel (2015)




Les premiers deux roues électriques au 19ᵉ siècle.


La "moto" électrique de Johann Kravolg un ingénieur, armurier et mécanicien autrichien (actuel Tyrol Italien) n’est pas à proprement parler une moto, mais un moteur électrique qui a posé les bases de ce type de mécanique à rotation permanente. Il présenta son invention, entre autres, à l’exposition universelle de Paris en 1867.



La “moto” électrique de Johann Kravolg

Source : collection du musée technique de Vienne



Quelques années plus tard, en 1881, Gustave Trouvé, surnommé le “Thomas Edison français”, a fait rouler un tricycle propulsé par un moteur électrique qui étonna beaucoup en son époque.

Pour ce faire, il motorisa un tricycle anglais dissymétrique de marque Coventry. Les essais ont été plutôt concluants et furent d’ailleurs rapportés dans le Journal universel d’électricité publié la même année : « Un moteur de 5 kg alimenté par 6 piles secondaires de Planté, placé le 8 avril dernier sur un tricycle dont le poids, y compris le cavalier et “ les piles ” était de 160 kg, l’entraîna à une vitesse de 12 km/h ». On notera qu’à l’époque on utilisait le terme de cavalier pour désigner le pilote.



Tricycle de Gustave Trouvé, premier véhicule électrique présenté au public en 1881

Source : Jacques CATTELIN - Gustave Trouvé, l’Edison français



La première utilisation du moteur électrique pour propulser un deux-roues remonte à 1897. Le tandem électrique Clerc et Pingault a été chronométré au vélodrome de la seine à Paris à 57s sur le kilomètre, soit 63,2 km/h.



Le Tandem électrique Clerc et Pingault, le 22 mai 1897

Source : Original BERTRAND J-P - conservateur - EthnoDoc




Parallèlement, Outre Atlantique, en 1895, l’inventeur Odgen Bolton Jr. proposa une draisienne dont la roue arrière contenait un moteur à courant continu alimenté par une batterie de 10V.



Brevet déposé par Odgen Bolten Jr. pour son “Electrical Bicycle”


Toujours aux États-Unis, Hosea W. Libbey, quelques années plus tard, en 1897 exactement, proposa un prototype de vélo électrique, Le Lampociclo, un vélo dont le moteur est placé au niveau du pédalier. Ce principe de fonctionnement est d’ailleurs toujours repris aujourd’hui par certains fabricants.


Brevet déposé par Hosea W. Libbey pour son “Electrical Bicycle”

C’est dans ces mêmes années que l’électrique s’accorde même des records. Ainsi, en 1899, le Belge Camille Jenatzy a vu son quadricycle électrique, baptisé “la jamais contente”, atteindre pour la première fois dans l’Histoire, les 100 km/h plaçant même le record de vitesse terrestre à 105 km/h.


La Jamais-Contente de Jenatzy, à Achères, en 1899

Source : Max de Nansouty Chemins de fer automobiles, Max de Nansouty (ingénieur des Arts et Manufactures), éd. Boivin et Cie, 1911, p.49



Les deux-roues électriques dans la 1ʳᵉ moitié du 20ᵉ siècle


Dans l’entre deux siècles, 19ᵉ/20ᵉ, le moteur électrique avait donc la cote et délivrait aux véhicules de l’époque, plus de puissance que les véhicules thermiques. Parallèlement, les fiacres électriques s’imposèrent à Paris comme étant le summum des véhicules de luxe urbains dont on promettait un avenir radieux…


Mais l’avènement du moteur à explosion, à travers la production en masse de véhicules automobiles destinés à une utilisation individuelle et familiale, a éclipsé les véhicules à moteur électrique, ne laissant que quelques inventions pointer le bout de leur nez durant le 20ᵉ siècle.


L’une d’entre elle, arriva dans les années 20 avec L’Électrocyclette. Cette véritable moto électrique pour l’époque, fut inventée en 1928 par un atelier artisanal lyonnais, mais son autonomie ne dépassait pas les 30 km et sa vitesse 25km/h pour un poids non négligeable de 75kg.



Publicité pour L’Électrocyclette, œuvre d’une entreprise lyonnaise à la fin des années 1920

Source : inconnue



Certains deux roues électriques d’aujourd'hui reprennent ce design avec les batteries qui se situent dans le cadre au niveau des pieds (On peut citer, à titre d'exemple, la cake, makka range) abaissant considérablement le centre de gravité.


Plus tard, à la fin des années 30 et au début des années 40, le Socovel fut créé en Belgique. C’est le rationnement de l’essence sous l’occupation allemande qui vit l’idée d’un véhicule électrique germer. On doit ce deux-roues aux frères LIMELETTE. Il possédait une autonomie de 50 km à 25-30 km/heure. Ce véhicule connaitra un certain succès avant que les espoirs d’une production plus massive ne soient définitivement éteints par le retour de l’essence en vente libre après la guerre.


Le Socovel de 1942 : un véhicule électrique très abouti pour l’époque

Source : Socovel Bruxelles - François-Marie Dumas



À noter également en 1946, le vélo “électrique” de Bowden Spacelander qu’il présenta à l’exposition “Britain can make it” sous le nom de “The classic”.

Ce vélo, outre son design futuriste pour l’époque, avait la particularité de posséder une transmission par cardan avec un système de moyeux dynamo/moteur. Il se chargeait dans les descentes et restituait l’énergie dans les montées. Malheureusement, son succès fut très limité en raison de sa conception trop technique.



Vélo “the classic”de Bowden Spacelander

Source : Brooklyn Museum



Les deux roues électriques dans la seconde moitié du 20ᵉ siècle



Faisons un bon maintenant de quelques décennies plus tard pour s’arrêter un peu sur le cas de Mike Corbin qui, dans les années 70, a été l’un des grands acteurs de l’évolution du deux-roues électrique, et ce, à plus d’un titre.

En 1973, sur le lac salé de Bonneville dans l’Utah, il est le premier à passer la barre des 100 mph (160 km/h) avec une moto électrique, la Lightning.

Un an plus tard seulement, il franchit la barre des 165 mph (265 km/h) avec la Quicksilver, record qu’il conservera pendant près de 38 ans.

N’hésite pas à aller consulter cette galerie photo retranscrivant bien l’atmosphère de l’époque.



On y voit également un certain Charles Mac Arthur au guidon d’une Corbin Electric. Il atteignit le sommet du Mont Washington en une seule charge et pu en revenir grâce à une recharge faite au sommet grâce à une éolienne installée pour l’occasion.

Mike Corbin fut à l’origine aussi d’un système de conversion électrique pour les Volkswagen Coccinelle qu’il commercialisa dans les mêmes années.


La Quicksilver battant le record de vitesse pour une moto électrique en 1974 sur le lac salé de Bonneville (Utah)

Source : New Atlas



Notons, parallèlement à cette époque, le projet de Motobécane qui a été à deux doigts de voir le jour suite au premier choc pétrolier. Produire une mobylette électrique ! Cette idée est à mettre au crédit d’Éric JAULMES (inventeur de la mobylette) et alors directeur technique de la marque. Malheureusement, ce projet fut abandonné par le directoire de l’Entreprise pour plusieurs raisons comme le manque de puissance, la faible autonomie, mais aussi la crainte de voir cet engin concurrencer, en interne, le modèle deux temps.



Prototype de la mobylette électrique en 1972

Source : Usine motobécane


Pour clore cet article et les sorties des deux roues électriques au 20ᵉ siècle, mentionnons la sortie en 1996 du scoot’elec, le scooter électrique de Peugeot. Avec un poids de 115 kg, une autonomie de 45 à 50 km à 45 km/h, ce véhicule possédait un centre de gravité très bas, ce qui le rendait très maniable. En 2006, il fut abandonné, Peugeot jugeant que le scooter électrique n’était pas promis à un bel avenir. Au même moment, Zéro Motorcyles voyait le jour sous le nom d’Electricross en Californie…



Le scoot’elec en 1996


Le positionnement des batteries du scoot'elec

Source : solomoto.es




Les enjeux environnementaux et écologiques du 21ᵉ siècle ainsi que l’arrivée sur le marché des batteries au lithium, plus légères et dotées d’une plus grande autonomie, vont relancer l’histoire des deux-roues électriques dans les années 2000.

Cette renaissance fera d'ailleurs l’objet d’un prochain article de blog.


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